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TMRT : Episode 2 (script traduit en francais)
NARRATEUR: Bienvenue au Théâtre Radiophonique de Tex Murphy. Quand nous avons quitté notre héros, Tex s'était réveillé dans un endroit qu'il ne connaissait pas, menotté et les yeux bandés. Il réussit cependant à se libérer grâce à l'aide d'une mystérieuse jeune femme. Quelques secondes plus tard, les ravisseurs entrèrent dans la chambre pour ne la retrouver que vide. Après avoir vérifié par la fenêtre et constaté que Tex ne s'y cachait pas, ils déclenchèrent l'alarme - On doit retrouver Tex, mort ou vivant! Et maintenant, l'Épisode 2: The Month of the Living Dead! (le mois des morts vivants)
TEX MURPHY (VOIX OFF): Se suspendre aux rebords des fenêtres n'a jamais fait parti du contenu des cours à l'Université d'Investigation de l'Utah, mais c'est un truc qui m'avait déjà servi plusieurs fois dans le passé. Quand j'ai finalement entendu la fenêtre au-dessus de moi se refermer, j'avais l'impression que l'on avait trempé mes bras dans de l'essence pour ensuite y mettre le feu. Me hisser pour repasser par la fenêtre défiait toutes les lois de la physique en ce qui me concernait, donc je regardais par en-dessous. Je me trouvais à au moins 15 mètres du sol. Il y avait une autre corniche sous moi, à peut-être 2 mètres, mais ça me semblait pour moi être plutôt 1 kilomètre! Mais à situation extrême, mesures extrêmes! Je fermai les yeux et relâchai ma prise. [Bruit de chute et craquement]
J'étais à peu près sûr d'avoir les deux jambes cassées, mais ce n'était pas ce qu'il y avait de pire. Je jetai un oeil vers le sol: à une douzaine de mètres se dressait une cloture en fer forgé avec de longs trucs pointus aux bouts. La branche d'un vieux chêne était presque à ma portée, mais le saut en longueur d'une position stationaire n'a jamais été ma spécialité. Je me suis dit que j'avais besoin de descendre un peu plus avant de tenter le saut. [Bruit: fenêtre qui s'ouvre] J'ai donc décidé de retourner à l'intérieur de la maison.
Je me trouvais dans une obscurité totale. Heureusement, mon fidèle Zippo se trouvait encore dans la poche de mon imper. [Son du Zippo qui s'ouvre et s'allume] Je balayai la pièce de mon briquet à la recherche de n'importe quoi pouvant me servir d'arme. Manquant de force pour brandir un sofa ou une bibliothèque vide, je ne trouvai rien d'utile. Je decidai donc de regarder sous le sofa. Pas d'arme, mais il y avait un biscuit chinois.
TM: Mmmm... "Vous trouverez bientôt l'amour véritable si vous savez où chercher..." [Bruit de mastication] Mmmm, miam miam!
TM (VO): Puisqu'il n'y avait rien d'autre dans cette pièce, je me dirigai vers la porte. [Verrou qui tourne, Porte qui s'ouvre] Je jetai un coup d'oeil dans le couloir.
HOMME ENROUÉ: Hey! [Trois coups de feu]
TM (VO): Cela s'avéra être une gaffe. Je reverrouillai la porte et repassai en revue mes options: il n'y en avait pas des tonnes. [Fenêtre qui s'ouvre. Coups sur la porte] Je ressortis sur la corniche. Je songeai à me laisser tomber sur la prochaine corniche mais j'étais persuadé que ni mes bras ni mes jambes pourraient supporter le choc. Cela me laissa une dernière possibilité: atteindre le vieux chêne.
Je rassemblai toute mon énergie spirituelle et m'élançai vers la branche!
TM: AH!!!
[Bruits de chute à travers les branches suivi d'un lourd atterrissage]
TM (VO): [la voix meurtrie] Par chance, j'ai atterri dans un buisson! Ces histoires d'énergie spirituelle, c'est que des foutaises! [Voix normale] Alors que je vérifiais si je n'avais rien de cassé, une vive lumière descendit du ciel nocturne. Pendant une seconde, j'ai cru qu'il s'agissait de cette lueure céleste dont on m'avait parlé durant les classes dominicales du dimanche. Puis, j'entendis une voix.
[Portière d'un speeder qui s'ouvre, un moteur vrombissant.]
CHAUFFEUR DE TAXI: Vous avez appelé pour un taxi? Il aurait peut-être fallu demander une ambulance.
TM: Faut pas vous inquiéter, je fais ça pour vivre. Je suis un privé.
CDT: J'espère que vous êtes un bon privé, parce que comme cascadeur, vous ne valez pas grand chose! Ha ha ha ha! [La portière se referme, le taxi s'envole]
TM (VO): Ordinairement, je l'aurais relancé avec une réplique cinglante - on peut difficilement tomber plus bas quand on se fait insulter par un chauffeur de taxi- mais je n'avais pas le coeur à ça puisqu'il allait falloir l'entuber sur le prix de la course. J'avais dépensé mon dernier dollar au Golden Pagoda et mes ravisseurs ne se sont pas dérangé pour me verser une compensation monétaire. J'étais toutefois heureux de réaliser qu'ils m'avaient non seulement laissé mon briquet, mais aussi mon paquet de llamas sans filtres. Je m'en tirai une et l'allumai.
CDT: Euh... S'il-vous-plait... Votre cigarette me dérange.
TM: Ah ouais? Bien moi, elle me TUE!
TM (VO): J'ai fumé le llama jusqu'à la dernière brindille. Voyant que le chauffeur n'a fait aucun geste vers le bouton d'éjection, je décidai d'user de mon crédit habituel pour régler le trajet.
[Le taxi ralentit et se pose]
CDT: Voilà, nous y sommes. Le Brew & Stew.
TM: Donnez-moi une seconde.
[Portière s'ouvre. Porte du B&S s'ouvre, bruits d'ambiance et musique.]
TM (VO): Comme toujours, Louie était une véritable boule de feu, rebondissant ici et là comme une boule de flipper, gardant ses nombreux clients bien nourris et bien ivres. À travers le chaos, Louie s'aperçut finalement de ma présence et s'approcha. Son accueil me surprit par sa froideur.
LOUIE LAMINTZ: [chuchotant] Où t'étais, Moiph?
TM: J'en ai pas la moindre idée. Dis, je déteste te faire un tel coup mais tu pourrais pas me prêter un peu de fric? Il y a un taxi dehors qui prétend que je lui dois de l'argent.
LL: T'as besoin de combien?
TM: Quarante.
LL: Dollars?
TM: J'crois pas qu'il voulait des pesos.
LL: Quarante billets... ça inclut le pourboire?
TM: Tu donnes des pourboires aux taxis?
[brouhaha des clients tombe]
LL: Tiens, voilà cinquante. Tu sais, tu ne devrais pas te montrer comme ça en public. Donne ça aux taxi et rencontre-moi à l'arrière.
TM: Voyons, Louie, tu sais que tu peux me faire confiance.
LL: Je sais, Moiph, c'est pas ça. On en parlera. Allez, vas-y.
TM (VO): En quittant le bistrot, je remarquai que tout le monde semblait me dévisager. Même le mec du taxi avait un drôle de regard quand je lui ai remis l'argent - enfin, c'était peut-être parce que je l'avais payé avec cinq rouleaux de 25¢. Dès que ce dernier fut parti, je contournai l'édifice et grimpai l'escalier menant à l'appartement de Louie qui se trouvait au-dessus de son resto. Il apparut quelques minutes plus tard.
LL: Ne te trompe pas, Moiph, je suis vraiment content de te voir. Je me suis fait un tel mouron...
TM: Tu voudrais pas me dire ce qui se passe? Pourquoi les gens se sont-ils mis à me dévisager? Je me rends bien compte que j'ai bien besoin d'un coup de rasoir...
LL: Tu sais pas?
TM: Est-ce que j'ai l'air de quelqu'un qui sait?
LL: T'étais où?
TM: Qu'est-ce que c'est que toutes ces questions?
LL: T'as raison en ce qui concerne le coup de rasoir. Et une douche ne ferait sûrement pas de tort non plus!
TM: Peut-être que je devrais retourner au Ritz, alors. J'ai demandé au taxi de me déposer ici parce que je me retrouvais sans un rond et que je pensais bien que tu aiderais ton vieux pote.
LL: Tu ferais mieux de rester ici. Je dois retourner en bas, mais je vais t'envoyer un peu de bouffe. Une fois que j'aurai fermé la boutique, on aura une bonne discussion.
TM (VO): Je ne refuse jamais un repas gratuit, surtout de la part de Louie. Il était à cours de ragoût d'agneau mais le spécial - peu importe ce que c'était - était de la nourriture royale. Je passai les prochaines heures à zapper parmi 824 canaux et la meilleure chose que j'ai pu trouver était un marathon Barnaby Jones. J'en étais à mon troisième épisode quand Louie se retrouva enfin libre et vint me rejoindre.
LL: Alors, t'as aimé le spécial?
TM: C'était vraiment délicieux. Comment t'appelle ça?
LL: Euh... Pain de viande.
TM: Mon père n'appellait pas ça comme ça...
LL: Bon, veux-tu bien me dire que t'as fabriqué?
TM: Bien, Chelsee et moi sommes allés au Golden Pagoda. La prochaine chose dont je me rend compte, c'est que je suis dans une espèce d'hôpital. Une femme m'a aidé à me libérer de mes menottes, puis j'ai plongé dans un buisson à partir d'une fenêtre au troisième étage, me suis ramassé dans un taxi qui m'a largué ici.
LL: Rien d'autre?
TM: D'après moi, ça rempli bien une journée.
LL: Et à propos de la journée d'avant?
TM: Qu'est-ce que tu racontes? Je t'ai vu hier, juste avant de partir avec Chelsee.
LL: Je sais pas trop comment t'annoncer ça, Moiph, mais t'as été absent pendant au moins un mois… Et les flics sont à tes trousses.

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